3,5 % pour le Livret A

Selon un article sur le site des Echos, le taux du livret A pourrait passer de 3% a 3,5% voir 3.75%.

Compte tenu d’une situation atypique sur le marché monétaire, le taux de rémunération pourrait passer de 3 % actuellement à 3,5 %, voire à 3,75 %, au 1er février. Le rendement net du Livret A serait alors propulsé à un niveau comparable… à celui de l’assurance-vie. A moins que la Banque de France ne mette le holà.

Simple d’utilisation, liquide, défiscalisé et sans risque : le Livret A occupait déjà une place à part dans le coeur des épargnants français. Il pourrait bientôt conforter cette place dans leur portefeuille : à tous ces avantages devrait s’ajouter, au début de l’année prochaine, celui du rendement. Le taux du Livret distribué par La Banque Postale et les Caisses d’Epargne pourrait bondir de 3 % actuellement à 3,5 %, voire à 3,75 %, au 1er février. De quoi raviver le moral des 46 millions de Français détenteurs d’un Livret A, alors que Nicolas Sarkozy vient tout juste d’annoncer un train de mesures pour soutenir le pouvoir d’achat. D’autant que, dans son sillage, le Livret bleu et du Livret développement durable, ex-Codevi verraient leurs taux s’aligner.

Par son ampleur, la hausse serait exceptionnelle. La formule automatique de calcul mise en place par le gouvernement début 2004 pour dépolitiser la fixation du taux du Livret A, a conduit jusqu’à présent à réaliser, au 1er février ou au 1er août de chaque année, de simples ajustements. A l’origine de ce cas de figure inhabituel, la situation sur le marché monétaire. Le taux de l’argent à court terme, l’Euribor 3 mois, se situe aujourd’hui à un niveau anormalement élevé. « Il est plus de 80 centimes au-dessus du taux Eonia de rémunération du marché monétaire au jour le jour, alors qu’il lui est traditionnellement supérieur de seulement 25 centimes ! », souligne un observateur.
Bouleversement hiérarchique

Or, c’est l’un des éléments-clefs entrant en compte dans la formule de calcul. Celle-ci prévoit de prendre la moitié de ce pourcentage, d’y ajouter la moitié du taux de l’inflation hors tabac en glissement annuel, plus un taux forfaitaire de 0,25 %. Certains ont donc sorti leurs calculettes : les derniers chiffres disponibles faisant état d’un Euribor à 4,64 % et d’un indice des prix de 1,9 % en novembre, le taux du Livret A ressort virtuellement autour de 3,5 %.

Certes, les chiffres définitifs entrant dans le calcul ne seront connus qu’à la mi-janvier, avec la publication de l’inflation en glissement annuel pour décembre. Mais ils pourraient encore creuser l’écart. L’indice des prix pourrait dépasser les 2 %. Quant à l’Euribor, il était hier de 4,88%… Ce qui fait dire à certains que le taux du Livret A pourrait in fine atteindre 3,65 %, et être ainsi arrondi à 3,75 %.

Une telle évolution ne serait pas sans poser de problèmes. Elle renchérirait d’abord le coût du financement du logement social (lire ci-contre). Elle créerait ensuite un appel d’air inespéré pour La Banque Postale et les Caisses d’Epargne, qui verraient leur collecte dopée au nez et à la barbe des autres banques, qui réclament le droit de distribuer le Livret A. Elle bouleverserait enfin la hiérarchie des produits d’épargne : alors que le rendement dépend habituellement du niveau de risque, un produit sans risque (assorti d’un plafond de dépôts fixé à 15.300 euros) offrirait une rémunération nette comparable à celle des contrats d’assurance-vie en euros (4,10 % en moyenne avant impôt), pourtant autrement plus contraignants en termes de durée d’investissement ou encore de frais d’entrée. Quant aux placements à court terme de type Sicav monétaires ou comptes à terme, ils devraient désormais dégager un rendement brut de plus de 5 % pour se montrer compétitifs.

A moins que la Banque de France ne décide de mettre le holà : le dispositif de calcul du taux du Livret A prévoit une procédure de « débrayage » à la main de la Banque centrale qui, en cas de « circonstances exceptionnelles », peut ainsi décider de ne pas appliquer la formule de calcul et d’informer le ministre de l’Economie et des Finances. C’est alors le Comité de la réglementation bancaire et financière qui décide du nouveau taux, sous l’égide de Bercy.
ALEXANDRE COUNIS ET SYLVIE RAMADIER @ les echos.fr

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